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Bibliothèque Donalda-Charron – Ville de Gatineau

Acier intempérique, acier galvanisé
90 x 350 x 170cm
Inspiré par les réseaux racinaires qui s’étendent dans le sol forestier à proximité du site, la sculpture représente une section élargie d’un réseau de communication organique.

 

Fabrication Lafontaine Ironwerk, fondation et installation Infravert, ingénieur Latéral

Treasure

Treasure   [2020]
1083 x 1099 x 1541mm
Exposition Ruhr Ding: Klima, Allemagne
Commissaire Vlado Velkov et Britta Peter
Production Urbane Künste Ruhr
L’espace négatif laissé par l’excavation de sable par l’industrie minière a crée ce lac. Ne pouvant pas visiter le site, j’ai demandé à l’organisation d’envoyer un échantillon de sable par la poste. Le sable de quartz émerge de la période du Crétacé, il y a environ 100 millions d’années. Le temps désintègre les roches, les broyant en grains de sable qui voyagent et s’accumulent le long des rivières dans leurs lits. Cet échantillon de quelques grains de sable a ensuite voyagé dans une lettre par la poste. J’étais curieux de regarder avec un microscope à l’intérieur d’une pincée de sable et de trouver quelque chose d’abstrait et d’invisible à mes yeux. J’ai traduit cette géométrie complexe en une forme solide composée de nombreux plans de miroir soudés ensemble formant un monolithe conçu pour flotter sur le Silbersee comme un glaçon. Le travail aborde la relation entre la nouvelle utilisation du site orientée loisirs, et ce qui y était auparavant. À la fois ostentatoire et furtive, la sculpture est à la fois absente et présente, visible et invisible. Elle disparaît et réapparaît, vacillante au-dessus de la surface du lac d’argent.

Produit pour l’exposition Ruhr Ding: Klima, Treasure est une sculpture flottante sur le lac Silbersee, parmi 22 projets artistiques présentés en mai et juin dans les villes de Gelsenkirchen, Herne et Recklinghausen ainsi qu’autour du lac Silbersee, dans la région de la Ruhr (Allemagne).
Remerciement: Je tiens à remercier Philipp Rohé, Julian Breuer et Stefan Göbel qui ont installé mon travail en mon absence due à l’interdiction de voyager en Allemagne à cause du Covid. Le commissaire Vlado Velkov et Britta Peter, et Urbane Künste Ruhr qui ont produit. Jonathan Killing pour son aide à la conception . photographies par Philipp Rohé et Vlado Velkov

Sporophores


Sporophores   [2021]
13 sculptures en bronze à échelle humaine
Parc Pierre Dansereau, Montreal

Sporophores se compose de 13 sculptures en bronze oxydées naturellement, s’apparentent aux infrastructures urbaines dont elles semblent émerger. Elles se tordent, s’enroulent sur elles-mêmes et forment des nœuds, liant le passé industriel du site à la nouvelle vocation naturelle du réaménagement paysager. Dans le monde végétal, les sporophores sont les fruits des mycéliums, la partie visible d’un champignon. Les mycéliums sont des organismes souterrains interconnectés formant des réseaux complexes de distribution qui favorisent une communauté d’entraide et de mutualité entre les différents organismes vivants. Sur le site avoisinant le nouveau complexe des sciences de l’Université de Montréal, les sculptures s’inspirent de ces réseaux organiques dont l’observation récente a démontré comment ils précèdent les humains dans la mise en réseau et le partage.

Fonderie Atelier du Bronze, fondation Infravert, ingénieur Latéral

Bestiaire

Bestiaire   [2021]
Bronze installé sur un rocher
1.6 x 1.2 x 1.8 metre
Parc des Sommets Bromont, Canada

Installé à l’entrée des sentiers pédestres du parc des Sommets à Bromont, Bestiaire est un modelage coulé en bronze et juché sur un rocher. La sculpture assemble les membres de différents animaux, cabrés dans toutes ses dimensions pour former un nœud à la croisée des chemins. Les pattes de cerfs, d’originaux et de chevaux, saisies dans leur mouvement, amènent l’idée de déplacement. Une invitation à suivre les sentiers qui sillonnent le paysage et à observer tout autour la faune et la flore environnante. Bestiaire présente un hybride mystérieux exprimant la force vitale qui pousse la nature à croitre et s’étendre par ses extrémités se déployant dans toutes les directions possibles.

Atelier du Bronze (fonderie); Latéral (ingénieur); Anne de Broin et Dexter Barker Glenn (assistant)

La conduite des conduites


La conduite des conduites 
Galerie Division   [2018]
Cette exposition propose un jeu entre le modelage de conduites (les comportements des objets et des corps) et les systèmes de canalisation des affects, des flux et de l’énergie. Utilisant des objets communs – du mobilier, des tuyaux, des brides et des ampoules – l’artiste représente des systèmes techniques et leurs fonctions attendues en introduisant des anomalies. Il met en œuvre des stratégies de déformation et d’éclatement et de trouées qui chacune remodèlent les affects en objets esthétiques ambigus, que le regard cherche à dénouer. Les courbes et sinuosités des conduites mettent en tension une dynamique de circulation et des phénomènes de résistance ou de dissipation. Troublant les attentes des systèmes industriels et leur promesse d’efficacité, d’optimisation et d’innovation, l’artiste imagine une technique très différente de celle que nous côtoyons dans notre vie quotidienne. Les œuvres ouvrent des béances dans le monde comme autant de failles et d’espaces libérés de cette causalité qui détermine notre relation à la technique. Des corps sensibles se cachent derrière ces objets ostensiblement techniques. Alors que nous nous attendons à ce qu’ils fonctionnent et produisent, les assemblages imprévisibles échappent au monde des choses à la recherche de possibilités nouvelles et sensibles.


Anomalie  IV et III [2018]
Bronze fondu, acier zingué et placage de cuivre, 280 x 280 x 140 cm
Suggérant des engorgements qui frôlent la complication, les nœuds boursouflés des conduites de cuivre d’Anomalie sont les symptômes d’une force outrepassant largement la « conduite » attendue. Elle déborde la fonction courante des tuyaux et excède l’espace donné, déformant et réformant sa condition d’existence. L’anormalité, qui semble ici émerger des souterrains dans une monstration affolante, ne serait-elle finalement que la partie visible d’un réseau d‘enchevêtrements qui se serait décomplexé devant nos yeux ? Un réseau vivant dont les formes ne peuvent épuiser les possibles ? (Nathalie Bachant, Extrait du texte La conduite des conduites : Michel de Broin, Espace # 97, 2018)


Anomalie II [2018]

 


Anomalie I [2018]

 


Crépuscule #121, #265 et #168   [2018]
Ampoules, bois, acrylique, 120 x 120 x 13 cm
La série Crépuscule explore la tension entre l’ordre et l’imprévisibilité. La symbolique des lumières associée à la raison se voit ici vaincue, alors que le crépuscule des idées semble succéder à l’illumination. La rigidité formelle de l’alignement ordonné d’ampoules est fracassée par l’inquiétude d’une technique qui travaille à sa propre défaite, à son délabrement. Néanmoins, la poésie de la ruine technique persiste.

 


Crépuscule  #265

 


Crépuscule  #121

 


Crépuscule  #168

 


Interopérabilité   [2018]
Polymère, fibre de verre, époxy, fibre de nylon, base, 126 x 52 x 64 cm
Universal Plug and Play   [2018]
Polymer, fiberglass, epoxy, nylon fiber, base, 126 x 52 x 64 cm
Inspiré par le protocole réseau du même nom, lequel permet à des périphériques de s’accoupler aisément, la sculpture s’apparente à un joint universel offrant la possibilité aux conduites de formes différentes de se connecter.

 

S

 

Tube   [2018]
Épreuves pigment archive, monté sous plexi, 100 x 66 cm
Une conduite confortablement installée dans un fauteuil de bureau de style exécutif est enroulée sur elle-même. Le tube ouvert à ses extrémités brouille la distinction entre l’intérieur et l’extérieur.

Dendrites


Dendrites   [2017]
Acier intempérique, acier galvanisé
Place de l’Aviation-civile-internationale, Collection d’art public de la Ville de Montréal.

Les « dendrites » sont les projections ramifiées du neurone, qui propagent les stimulations cérébrales; le terme est dérivé du grec dendron, qui signifie « relatif aux arbres ». Les deux sculptures Dendrites reproduisent ce phénomène microscopique à l’échelle du paysage, tout en rappelant les fûts de grands arbres. Gravir les marches de cette arborescence offre aux passants l’occasion d’habiter le paysage en le connectant directement avec son environnement. En grimpant dans les branches, les passants animent l’œuvre, tel le feuillage d’un arbre.

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Texte présentant le projet Dendrites pour la Ville de Montréal
Par Benedicte Ramade

Des dentrites, nous en avons plein la tête. Elles prolongent chacun de nos millions de neurones, reçoivent et conduisent les courants électriques qui nous allument. Leur nom vient du grec dendron qui signifie « arbre » ou « forme arborescente ». De cet infiniment petit sont nées ces deux sculptures, agrandissant 100 000 fois la forme de ces chevilles ouvrières indispensables à notre cerveau. L’augmentation n’a pas généré une arborescence littérale, mais une forme hybride qui combine la forme archaïque d’un arbre, les tubulures et rivets d’un pipeline et les doigts d’une créature inédite au schéma scientifique. Délicate, invisible à l’œil nu, la dendrite prend ici, au sein de ce carrefour routier, piétonnier et ferroviaire, une taille phénoménale, mais encore un peu humaine. Car elle s’escalade autant qu’elle se contemple, propose des choix de perspectives. Les dendrites sont deux, une un peu plus petite que l’autre. Elles s’observent mutuellement et construisent ainsi un milieu, communiquent et habitent cette nouvelle place de l’Aviation-Civile-Internationale. Et en effet, ça circule, ça aiguille, ça répartit. Observer ce ballet incessant depuis les cimes de la dendrite donne l’impression de reprendre le contrôle de notre environnement, d’être le grand opérateur des flux de cette ville, de s’arrêter un instant pour en saisir la puissance presque sauvage de laquelle le regard émerge. Le monstre n’est pas celui que l’on croit.

Un regard en circulation
Avec ses deux Dendrites, Michel de Broin a aménagé deux moments : celui de l’observation de cette forme ramifiée étrange ; puis celui de sa conquête active. À l’abri de la circulation automobile, l’énergie de la ville s’observe. Nous-mêmes participons à ce flux incessant, en bas en se déplaçant dans la ville, en haut, en gravissant les escaliers. Une sculpture qui se parcourt, accueillante, ça ne se voit pas souvent, surtout lorsqu’elle offre de prendre de la hauteur, d’embrasser un panorama inédit à une altitude tout aussi inusitée. La dendrite se fait engageante sous ses dehors un peu impressionnants.
Ses teintes chaudes proviennent de l’oxydation superficielle et parfaitement maîtrisée de sa surface, qui lui assure ainsi une protection naturelle et éternelle. La couleur ocre de cet acier intempérique, le Corten, est le signe de sa noblesse et de sa grande longévité, d’une patine qui donne une sensibilité inédite à l’alliage. Avec sa coloration si particulière, ses gros boulons, la dendrite dialogue avec toutes les structures alentour, comme un hommage au patrimoine industriel de Montréal. La liberté de ses formes organiques contraste avec la rectitude des rues et des voies ferroviaires du quartier. Les trajectoires fluides et dynamiques de la dendrite nous attirent, nous offrent le choix du parcours, de la plateforme d’observation, et le plaisir de s’approprier, pour un temps, notre cité.

 

Fabrication : Lafontaine Iron Werks Inc. en collaborations avec Jonathan Killing (Toque Innovations), David Lalonde (Quantum Engineering Inc), Gabriel Rousseau (architecte)

Mille Spéculations

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Mille spéculations   [2017]
Structure de métal, 1000 miroirs, 5 projecteurs lumineux, grue
7.9 m de diamètre
Parcours d’art contemporain dans la ville de Bordeaux, œuvre numérique et installation grand format au bord de l’eau.
Commissaire José-Manuel Gonçalvès, Photographies par Pierre Planchenault, fabrication AF Magnum
Mille spéculations est une boule à facettes de 7,9 m de diamètre sertie de mille miroirs. Suspendue à une grue de chantier dans le ciel de Bordeaux, cette sculpture aux dimensions extraordinaires réfléchit la lumière sur des kilomètres. Chaque éclat de lumière effectue un majestueux balayage de la ville, bordant les murs dans la nuit, prolongeant la trajectoire des rues et illuminant de brefs instants un détail inattendu. L’œuvre propose ainsi par la lumière qu’elle réfléchit une nouvelle lecture du patrimoine bâti, ou un millier de songes au promeneur. À les contempler, ces éclats de lumière semblent voyager comme les feuilles d’un récit se détachant de leur reliure, emportées par le vent. Le mot spéculation provient du latin speculum qui signifie miroir. Les mille spéculations offrent une multitude de réflexions à regarder.

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Seuils

Seuils   [2017]
Portes de métro récupérées, détecteurs de mouvement, 15 x 3 x 2.3 m
KM3 – Un parcours d’art public, Quartier des spectacles, Montréal

Seuils propose l’expérience d’un transit. L’exposition rappelle la vélocité de nos trajets urbains, ces microcoupures dans l’espace-temps du quotidien. L’installation requalifie la mécanique interne de dispositifs d’ouverture des anciennes voitures du métro de Montréal qui fut inauguré pour l’Exposition universelle de 1967. Maintenant remplacées par des équipements plus modernes, les voitures MR-63 aujourd’hui obsolètes ont marqué l’imaginaire du déplacement collectif à Montréal. Survivant au cycle de consommation, l’œuvre contribue à maintenir vibrante cette mémoire technique. Il s’agit ici d’une forme d’investigation d’autres mondes possibles à partir des vestiges de celui-ci.

Seuils est une installation interactive se présentant comme un parcours que le public est invité à expérimenter. Une traversée qui n’est pas sans rappeler la vélocité de nos trajets urbains : microcoupures dans l’espace-temps du quotidien.
Formée d’une douzaine de portes de voitures de métro, l’œuvre s’active en présence du visiteur : elle lui cède littéralement le passage alors qu’il s’avance et la traverse. Les composantes de l’œuvre proviennent des véhicules MR-63 qui ont marqué l’imaginaire du déplacement collectif à Montréal. Le projet artistique contribue ainsi à maintenir vibrante cette mémoire technique. Les vieilles voitures ont fini leur vie utile dans un centre de récupération où elles ont été déchiquetées et les matières recyclées à grand coût environnemental. Dans nos sociétés consuméristes, l’obsolescence des objets technologiques s’accélère dans un processus de dépréciation des formes du passé. L’histoire des développements techniques que contient chaque avancée est rapidement disqualifiée dans des chaînes d’innovation disruptives. Les pièces réutilisées après une période d’inactivité contiennent pourtant un trésor d’inventivité humaine et racontent cette histoire. Démonter un mécanisme devenu obsolète et le remettre en route est fascinant, parce que cette dislocation met à jour le savoir-faire humain, et révèle comment celui-ci s’exerçait à une époque donnée.
À l’approche du visiteur, une première porte s’ouvre pour l’inviter à pénétrer l’installation, puis dans un enchaînement simultané, les portes cèdent et se referment derrière lui suivant son déplacement dans cet espace transitoire. C’est par l’usage de capteurs que cette succession d’ouvertures et de fermetures mécanisées se synchronise sur son passage : anticipant une présence, Seuils déploie son système d’interaction dans un mouvement ondulatoire fluide. Deux époques se rencontrent et convergent, la technologie récente des circuits intégrés gouverne des éléments mécaniques d’une autre ère. Exposé à la vue du public, le mécanisme de chacune des portes coulissantes est encastré dans un boîtier de plexiglas, le montrant ainsi à l’œuvre lors du passage. Optant pour la transparence, l’installation conserve et requalifie la mécanique interne des dispositifs originaux, la mettant en valeur et réaffirmant l’innovation lovée en dormance au cœur de l’obsolescence.
Ce n’est pas la première fois que de Broin revisite la mécanique d’un objet industriel pour en déplacer la fonction et le sens. On peut penser à Monochrome Bleu (2003), un conteneur à déchets usagé transformé en spa, ou encore Keep on Smoking (2005), un vélo où l’effort du cycliste se voit littéralement réduit en fumée. Plus ambitieuse, Shared Propulsion Car (2005) est une proposition consistant en une Buick Regal 1986 mise en circulation dans les rues achalandées de la ville de New York. La voiture fonctionne sans pétrole tout en conservant son apparence extérieure, modifiée de manière à rouler avec pour seul moteur l’effort physique des passagers et des pédaliers propulsant le véhicule. L’œuvre performative énonce un commentaire caustique sur les conséquences apocalyptiques de la consommation et du progrès technique. Sortir ces objets industriels de leur statut sclérosant – tant le conteneur, les véhicules que les portes de métro – permet d’activer des mécaniques spéculatives par lesquelles nous pouvons examiner d’autres mondes possibles à partir des vestiges du monde actuel. C’est aussi d’une certaine archéologie technique dont il est question : modifier les objets du monde c’est également émettre des hypothèses sur celui-ci, sur son potentiel et ses limitations, ce qui est possible et inversement, ce qui ne l’est pas, ne l’est plus. Les processus d’obsolescence tendent à nier ce potentiel : cette capacité de réutilisation de nos artefacts technologiques.
Seuils est une installation interactive – elle relève de la technique, de la technologie –, mais sa puissante matérialité procure une expérience sculpturale. S’expérimentant de l’intérieur, elle se contemple aussi de l’extérieur, immobile ou en mouvement, c’est selon. Que l’on soit passager activateur du dispositif ou spectateur du transit, ce qui est vu et vécu correspondent à différentes durées et perspectives : la lecture de l’installation s’en trouve dédoublée. Si lors de son incursion le visiteur a cette sensation d’être en quelque sorte moulé par la machine s’entrouvrant autour de lui sans résistance aucune, la même scène perçue à distance évoque un avalement, voire une dévoration, du visiteur par le dispositif. Ce faisant, le comportement de l’œuvre suggère une forme de manducation, créant un amalgame entre l’aspect mécanique de l’installation et quelque chose qui relèverait de l’univers organique.
Cette analogie avec l’ingestion/digestion entre en résonnance avec l’idée plus générale d’une transformation. Bien que l’installation soit assemblée à partir de dispositifs de contrôle (capteur, porte, circuit, programme), l’expérience proposée désobéit aux comportements initialement programmés des éléments constituants. Elle est inversement multiple, transformative et mouvante. Rien ici n’est fixe, et le principe même de ce qui renouvelle l’expérience n’y échappe pas.
L’œuvre et sa traversée suggèrent une volonté renouvelée d’avancer à travers une mise en abyme de seuils. S’agit-il de transiter vers un avenir ou à travers la mémoire technique de ses constituantes? Ou plutôt d’entrer dans un présent où les résistances s’atténuent, où ce qui est vu et vécu s’affirme et s’assouplit tout à la fois, offrant au visiteur une expérience où les dualités cessent momentanément de s’opposer sur son passage. Le monde s’ouvre, chaque mouvement qui le traverse crée une fissure dans la trame du temps : chaque geste posé entraîne avec lui un futur immédiat, de même son amorce est déjà mémoire. (Nathalie Bachand)

Installation créée dans le cadre de KM3 avec le soutient du partenariat du Quartier des spectacles, de la ville de Montréal, du ministère de la Culture et des Communications du Québec, ainsi que de la Société de transport de Montréal. Commissaires : Mouna Andraos et Melissa Mongiat. Aide à la production : Samuel Saint-Aubin, Alexis Gosselin, Paul Duchaine, Pierre Fournier, Fred Monast, M.O., Generic Design, HMB Controls et Concept Paradesign.

Make Soccer Great Again

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Make Soccer Great Again   [2017]
À Perte de vue, AXENÉO7 – La Fonderie, Gatineau

À l’occasion d’une invitation à intervenir sur un terrain de football dans le cadre de l’exposition À perte de vue, Make Soccer Great Again redéfinit les règles de ce jeu, codifié par les Britanniques à la fin du XIXe siècle. Le projet prend la mesure du caractère belliqueux de la lutte pour le ballon et propose de clôturer les frontières. Conformément à la Loi 1 qui réglemente le découpage du terrain de football, le projet de construction est érigé de manière à accentuer les divisions. Une clôture de jardin en bois peint blanc se dresse sur la pelouse artificielle pour délimiter le territoire. Elle borne le terrain, scinde les parties, divise les équipes, isolant les joueurs pour qu’il ne puissent plus s’échanger le ballon. Les règles arbitraires sont un appel à la désobéissance, suscitant le désir d’enjamber les barrières et de surmonter les obstacles pour inventer un nouveau jeu.

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Crédits : Michel de Broin
À perte de vue, AXENÉO7- La Fonderie, Gatineau
Aïda Lorrain et Matthew Palmer (assistants); Guillaume Ethier (photographie). L’équipe de AXENÉO7 : Stefan St-Laurent, Anykrystel Coppet, Jean-Yves Vigneau, Josée Dubeau, Mélanie Myers, Mathieu Pronovost et les bénévoles.

Dendrite

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Dentrite   [2016]
Aluminium, peinture, 6,75 x 7,50 x 5,30 m
Parc Central Kirchberg, Luxembourg-Kirchberg, Luxembourg

Conçue pour venir s’installer dans le Labyrinthe du Parc Central sur le Plateau de Kirchberg, l’œuvre s’inspire des branches des neurones (les dendrites) et apparaît au loin comme une fleur jaune dont les « pétales » flottent au milieu d’une surface verte. Les quatre volées de la sculpture, menant vers des directions différentes, offre aux visiteurs la possibilité de grimper pour contempler l’étendue du paysage environnant, rendant visible l’architecture du labyrinthe. La forme en escalier invite le visiteur à parcourir l’œuvre, à choisir son chemin parmi les embranchements. Chaque décision mène à un point de vue panoramique sur les jardins environnants, et permet d’atteindre des paliers d’exposition, lesquels offrent une vue imprenable sur les alentours. À l’instar du visiteur qui gravit la sculpture en faisant l’expérience des structures réseautiques, la pensée est un flux qui circule dans les dendrites.

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Crédits: Michel de Broin
Fonds d’urbanisation et d’aménagement du plateau de Kirchberg, Luxembourg
INCA Ingénieurs Conseils Associés, Niederanven (bureau d’étude); A.M. Nico Betzen – Crézé, Fouhren/Saint-Jacques de la Lande (constructeur métallique)