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Dendrites   [2017]
Acier intempérique, acier galvanisé
Place de l’Aviation-civile-internationale, Collection d’art public de la Ville de Montréal.

Les « dendrites » sont les projections ramifiées du neurone, qui propagent les stimulations cérébrales; le terme est dérivé du grec dendron, qui signifie « relatif aux arbres ». Les deux sculptures « Dendrites » reproduisent ce phénomène microscopique à l’échelle du paysage, tout en rappelant les fûts de grands arbres. Gravir les marches de cette arborescence offre aux passants l’occasion d’habiter le paysage en le connectant directement avec son environnement. En grimpant dans les branches, les passants animent l’œuvre, tel le feuillage d’un arbre.

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Texte présentant le projet Dendrites pour la Ville de Montréal
Par Benedicte Ramade

Une forme si intime
Des dentrites, nous en avons plein la tête. Elles prolongent chacun de nos millions de neurones, reçoivent et conduisent les courants électriques qui nous allument. Leur nom vient du grec dendron qui signifie « arbre » ou « forme arborescente ». De cet infiniment petit sont nées ces deux sculptures, agrandissant 100 000 fois la forme de ces chevilles ouvrières indispensables à notre cerveau. L’augmentation n’a pas généré une arborescence littérale, mais une forme hybride qui combine la forme archaïque d’un arbre, les tubulures et rivets d’un pipeline et les doigts d’une créature inédite au schéma scientifique. Délicate, invisible à l’œil nu, la dendrite prend ici, au sein de ce carrefour routier, piétonnier et ferroviaire, une taille phénoménale, mais encore un peu humaine. Car elle s’escalade autant qu’elle se contemple, propose des choix de perspectives. Les dendrites sont deux, une un peu plus petite que l’autre. Elles s’observent mutuellement et construisent ainsi un milieu, communiquent et habitent cette nouvelle place de l’Aviation-Civile-Internationale. Et en effet, ça circule, ça aiguille, ça répartit. Observer ce ballet incessant depuis les cimes de la dendrite donne l’impression de reprendre le contrôle de notre environnement, d’être le grand opérateur des flux de cette ville, de s’arrêter un instant pour en saisir la puissance presque sauvage de laquelle le regard émerge. Le monstre n’est pas celui que l’on croit.

Un regard en circulation
Avec ses deux Dendrites, Michel de Broin a aménagé deux moments : celui de l’observation de cette forme ramifiée étrange ; puis celui de sa conquête active. À l’abri de la circulation automobile, l’énergie de la ville s’observe. Nous-mêmes participons à ce flux incessant, en bas en se déplaçant dans la ville, en haut, en gravissant les escaliers. Une sculpture qui se parcourt, accueillante, ça ne se voit pas souvent, surtout lorsqu’elle offre de prendre de la hauteur, d’embrasser un panorama inédit à une altitude tout aussi inusitée. La dendrite se fait engageante sous ses dehors un peu impressionnants.
Ses teintes chaudes proviennent de l’oxydation superficielle et parfaitement maîtrisée de sa surface, qui lui assure ainsi une protection naturelle et éternelle. La couleur ocre de cet acier intempérique, le Corten, est le signe de sa noblesse et de sa grande longévité, d’une patine qui donne une sensibilité inédite à l’alliage. Avec sa coloration si particulière, ses gros boulons, la dendrite dialogue avec toutes les structures alentour, comme un hommage au patrimoine industriel de Montréal. La liberté de ses formes organiques contraste avec la rectitude des rues et des voies ferroviaires du quartier. Les trajectoires fluides et dynamiques de la dendrite nous attirent, nous offrent le choix du parcours, de la plateforme d’observation, et le plaisir de s’approprier, pour un temps, notre cité.

Démarche de l’artiste
Michel de Broin a souvent convoqué les circuits, les systèmes de circulation dans ses sculptures, qu’elles soient dans les musées ou dans les rues. Comment l’énergie parcourt les lieux, comment la canaliser, la laisser dériver : c’est à partir de ces systèmes que l’artiste redistribue les énergies à travers des propositions protéiformes qui sont irréductibles à un premier coup d’œil. Un escalier qui s’emballe sur lui-même au Parc Maisonneuve (Révolutions, 2003), une

 

Fabrication : Lafontaine Iron Werks Inc. en collaborations avec Jonathan Killing (Toque Innovations), David Lalonde (Quantum Engineering Inc), Gabriel Rousseau (architecte)